Politique
Éditorial / L’extradition du chef de l’ex-junte militaire du Burkina Faso, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, en question
mardi 27 janvier 2026,

L’extradition de l’officier Paul-Henri Sandaogo Damiba, le tombeur de Christian Roch Kaboré, ne cesse de défrayer la chronique.

À la mi-janvier de l’année en cours, la capitale togolaise abritait une réunion de haut niveau sur l’imbroglio crise qui décime des vies humaines dans l’Est de l’ancien Zaïre, la République démocratique du Congo (RDC).Dans la foulée de cette rencontre internationale qui visait à faire taire les armes dans cette partie de l’Afrique centrale, une rumeur fusa : le Togo a remis le Lt-colonel Damiba, en exil à Lomé, aux autorités burkinabè.

Dans un premier temps, nombreux ont pensé à une fausse information. Les dignitaires politiques du Togo n’ayant rien divulgué relativement à ce dossier jusqu’alors. Leur silence sur le sujet a contribué à alimenter tant de rumeurs. Ce n’est que plus tard que le gouvernement togolais a publié un communiqué officiel dans lequel il a indiqué que l’ex-chef d’Etat Damiba a bel et bien été extradé au Burkina Faso.

À en croire ce communiqué, le patron de l’ex-junte du pays des hommes intègres a été extradé le 17 janvier après quelques démarches judiciaires à la demande des tenants du pouvoir burkinabè.

Mais depuis que Damiba a été remis aux responsables de l’actuel ordre politique du Burkina Faso, des réactions diverses ont été enregistrées.

Pour les uns, cette extradition n’est pas la bienvenue. Elle n’est pas conforme aux normes humanitaires et viole gravement leurs principes. Mais pour d’autres, le Togo a par ce geste respecté les règles qui régissent les relations entre les États souverains.

En toute probité, que faut-il retenir en lien avec cette affaire brûlante ?

L’ancien président de la république du Burkina Faso, Paul-Henri Damiba avait accédé à la magistrature suprême suite à un coup de force en janvier 2022. Son arrivée aux affaires, visiblement n’avait pas été boudé par les grandes chancelleries. Le président qu’il avait renversé, Kaboré, n’arrivant pas à mettre l’ordre dans le pays en raison du terrorisme qui d’ailleurs continue de frapper les paisibles populations. Militaire de haut vol, l’on pensait qu’il pourrait pacifier la maison Faso. Ce qu’il n’avait pas réussi à faire. Le fléau de l’insécurité n’ayant pas été éradiqué.

C’est ainsi que le jeune capitaine Ibrahim Traoré fit son apparition au-devant de la scène burkinabè à l’occasion d’une mutinerie militaire. Et Damiba perd le pouvoir le 22 septembre 2022 et trouve un refuge au Togo.

Les autorités togolaises l’accueillirent à bras ouvert. Elles lui offrirent le gîte et le couvert. Bref, tout ce qui pouvait lui rendre la vie heureuse loin de chez lui.

Mais en dépit des commodités à lui offertes par ses hôtes et les consignes de réserve que ceux-ci lui recommandèrent, Damiba n’a pas pu se conduire comme son statut d’exilé l’exige.

C’est ainsi que l’homme, probablement avec l’aide de certains soutiens, s’est lancé dans des manœuvres dans l’espoir de reprendre le fauteuil présidentiel de son pays, le Burkina Faso. Et plusieurs fois, les autorités burkinabè ont dénoncé des tentatives de troubles à l’ordre public dont Damiba avait été désigné comme l’instigateur et incriminé les dirigeants togolais de servir de base-arrière pour la déstabilisation de leur pays.

Face à cette situation qui tendait à compromettre les liens cordiaux légendaires entre le Togo et le pays des hommes intègres, les Togolais rappelèrent fermement à Damiba le devoir de réserve auquel il était tenu de respecter. Mais il n’a pas obtempéré.

La goutte d’eau qui a débordé la vase a été la dénonciation d’une énième tentative de coup d’Etat aux premiers jours de l’année nouvelle au Burkina Faso avec le claironnement du nom de Damiba comme le présumé cerveau.

Voyant donc que leur protégé n’en avait cure de leurs conseils et face aux multiples revendications de Ouagadougou de l’extrader, les autorités togolaises se resolvèrent de se départir de Damiba. Ce qui fut ainsi fait le 17 janvier dernier.

Les critiques formulées ici et là contre le gouvernement du Togo en rapport avec ce dossier ne sont donc manifestement pas légitimes eu égard aux comportements de Damiba lui-même.

Depuis la nuit des temps, le Togo a été et demeure une terre hospitalière. Il a maintes fois hébergé sur son sol des gens dont la vie était en danger dans leur pays d’origine sans les avoir extradés pour un quelconque jugement. Parmi eux plusieurs sommités.

C’est le cas de l’illustre président zaïrois Mobutu Sessé Séko renversé en 1997 par le rebelle Laurent-Désiré Kabila. Après avoir passé quelques jours à Lomé, il avait rejoint Rabat au Maroc où il mourut peu de temps après.

En 1999, le Togo avait également accueilli l’ex-chef d’Etat ivoirien, Henri Konan Bédié, sous les menaces d’arrestation du général Robert Guéi qui mit fin à ses jours au pouvoir.

Par conséquent, distiller des diatribes incongrues contre le Togo pour s’être débarrassé de l’officier Damiba alors que le pays de Faure Gnassingbé a depuis toujours fait preuve de terre hospitalière aux personnes en détresse est inadmissible.

Si Le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba avait écouté et mis en pratique les conseil de ses protecteurs, il continuerait aujourd’hui de couler des jours paisibles sur les côtes togolaises. Hélas, il a décidé un autre sort pour lui-même.

Céphas Laré Le Vert / Infoline : (00228) 90 82 55 99

© Klinklin.info - Mentions légales | Contacts | Régie Publicitaire

Journal d'information en ligne, Klinklin.info offre à ses visiteurs un panorama complet de l'actualité. Découvrez chaque jour toute l'info en direct (de la politique à l'économie en passant par le sport et la santé) sur Klinklin.info, le site de news leader de la presse togolaise en ligne.